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Liste des accidents de personnes liés aux usines d’irradiation industrielle


Publié le 15 octobre 2010 :
http://www.irradiation-aliments.org/Liste-des-accidents-de-personnes.html

11 janvier 1963 - Sanlian (Chine) - Irradiateur de semences
Une source de cobalt 60 est trouvée dans une décharge, 6 irradiations, deux personnes reçoivent environ 8 Sv et meurent dans les deux semaines.

Juin 1974 – Parsippanny, New Jersey (Etats-Unis)
Un employé reçoit une dose très élevée de cobalt 60 dans une usine Isomedix.

13 mai 1975 - Brescia (Italie) - Installation commerciale d’irradiation
Un soudeur intervient dans une installation d’irradiation industrielle [de céréales]. La source de Cobalt 60 supposée être dans son dispositif de stockage est en fait sortie. Pendant l’intervention, le visage est irradié à des doses comprises entre 1 400 et 2 800 rads. La dose moyenne était de 1 200 rads, 87 % de la moelle osseuse a reçu une dose supérieure à 800 rads et 13 % entre 400 et 800 rads. L’évolution a été rapide, et la mort est survenue le 13ème jour.

23 septembre 1977 - New Jersey (USA) - Installation commerciale
Peu après minuit, un opérateur de production de 32 ans entre dans une cellule réservée à l’irradiation de différents produits médicaux et chimiques. Il pose des paquets sur la courroie du transporteur. Percevant une sensation de fourmillement (hérissement des poils dû à l’électricité statique), il lève les yeux : la source de 500 000 curies est en position "sortie" à 3 m de lui. Il sort précipitamment et rencontre deux autres travailleurs qui s’apprêtent à entrer. La dose a été estimée à 200 rads. Le patient est gardé en isolation dans un hôpital pendant un mois et demi. L’accident a été causé par des manquements graves à la radioprotection (porte en acier démontée et remplacée provisoirement par un contre-plaqué, verrouillage électrique déconnecté, avertisseur lumineux masqué).

2 avril 1981 - Saintes (France)
Lors du chargement d’une source neuve de cobalt 60 de 137 TBq (3 700 Ci), trois opérateurs (un technicien chevronné, son assistant et un chauffeur manutentionnaire) ont été gravement exposés ; la source était restée coincée dans le conteneur de chargement et la confusion entre la source réelle et une source fictive présente dans le barillet de l’appareil de chargement pour son bon équilibrage a causé la chute sur le sol de la source réelle. Le technicien, malgré ses vingt-cinq ans d’expérience et sa connaissance des dangers, a immédiatement remis à mains nues la source à sa place dans l’appareil. Son assistant, qui devait récupérer la source fictive, a eu les deux mains fortement exposées, lors de leur contact avec la tête de chargement, dans laquelle la source était restée coincée.

Septembre 1982 – Norvège
Un employé d’usine reçoit une forte dose d’irradiation au cobalt 60 lors d’un travail de maintenance. Il meurt 13 jours plus tard.

Juin 1986 – Dover, New Jersey – Etats-Unis
Les dirigeants de l’entreprise « International Nutronics » sont poursuivis pour avoir étouffé une fuite datant de 1982 dans leur usine de cobalt 60. Après la fuite, les employés furent obligés de falsifier leur bilan d’exposition à la radioactivité et de transporter de l’eau contaminée vers le système public d’eau potable.

5 février 1989 – San Salvador (El Salvador)
Trois employés d’une installation industrielle de stérilisation (source de cobalt 60, 0,66 PBq) ont été irradiés alors qu’ils tentaient de débloquer le porte-source (IAEA, 1990). L’irradiation n’a été reconnue qu’avec l’apparition d’une brûlure trois jours après l’accident. Deux semaines furent nécessaires pour que l’installation soit à nouveau sûre. Les doses furent évaluées à 8, 4 et 3 Gy, avec une répartition hétérogène ; chez le plus gravement atteint la dose en certains points dépassait 10 Gy. Les trois victimes furent traitées par un facteur de croissance (GM-CSF), dont l’efficacité n’a pu être prouvée. Les suites ont été très graves pour deux des irradiés : chacun a dû être amputé d’une jambe ; six mois plus tard, ils ont subi l’un l’amputation de l’autre jambe et l’autre une intervention thoracique, qui a causé sa mort.

Juin 1990 – Israël
Un employé irradié au cobalt 60 meurt 36 jours après être entré dans la salle d’irradiation et subit une exposition d’une minute

13 aout 1991 - Forbach (France)
les trois manutentionnaires d’un accélérateur linéaire utilisé pour dépolymériser du Téflon ont été irradiés lors de leurs intrusions répétées dans l’appareil, alors que la tension accélératrice était maintenue afin de gagner du temps (Chanteur, 1992). Le débit de dose de l’émission résiduelle était encore de quelques Gy par seconde. Les lésions cutanées furent attribuées à un coup de soleil ; après plusieurs jours et devant l’évolution sévère présentée par une des victimes l’origine radiologique des lésions fut reconnue.
Alors que deux d’entre eux étaient en mars 2007 encore dans un état de santé très critique, le plus jeune gravement brûlé par des rayonnements ionisants est décédé en 2006 à l’âge de 42 ans. Dans cet accident, on constate que des conditions importantes à respecter en matière de sécurité n’ont pas été respectées, à savoir l’interdiction de la mise sous faisceau d’une salle d’irradiation tant que son évacuation n’est pas assurée, et l’arrêt de l’installation en cas d’intrusion d’une personne dans la salle où un faisceau de particules est émis.

Octobre 1991 – Biélorussie
Un employé irradié au cobalt 60 meurt 113 jours après être entré dans la salle d’irradiation et avoir subi une exposition d’une minute.

1991 – Maryland (Etats-Unis)
Un employé ignore l’alerte sécurité et reçoit une dose de 5000 rads d’un accélérateur d’électrons. Il perd quatre doigts.

19 novembre 1992 – Xinzhou, province de Shenzi (Chine) - perte de source industrielle
Après vingt ans de fonctionnement, les sources de cobalt d’un irradiateur industriel furent stockées dans un puits lors de la fermeture de l’installation en 1980 (Wu De-Chang, 1993). Lors de l’ouverture d’un chantier de construction, un ouvrier a trouvé un objet métallique et l’a ramené chez lui. L’activité résiduelle de la source était de 400 GBq. La victime, son frère et son père sont morts quinze jours plus tard. Ces décès ont alors été attribués à une maladie infectieuse. Comme le malade était venu à l’hôpital avec la source, environ cent personnes ont été irradiées : le personnel, les visiteurs et les manutentionnaires qui transportaient la source jusqu’au lieu de stockage des déchets. Ce n’est qu’après un mois que la cause réelle a été évoquée. La source a été retrouvée plus de deux mois après son détournement.

1998 – Istanbul (Turquie)
Deux sources de cobalt 60 sont vendus dans leur container maritime sont vendus comme de la féraille. Dix personnes doivent être soignées pour irradiation aigue.

11 mars 2006 – Fleurus (Belgique) Un réparateur a pénétré dans une cellule d’irradiation d’une installation industrielle utilisée pour la stérilisation de matériels médicaux et de produits alimentaires, alors qu’il pensait que la source de cobalt 60 était en position sûre. C’est lors de cette opération, qui a duré une vingtaine de secondes, que l’employé a été exposé à la source de cobalt 60 de 810 000 Ci qui n’était pas complètement descendue dans sa piscine de stockage. Les premiers symptômes de la surexposition sont rapidement apparus mais ont été attribués par le médecin consulté à des excès de boisson datant de la veille au soir. Le diagnostic étiologique n’a été évoqué que près de trois semaines plus tard par le médecin du travail, à la vue d’une alopécie naissante. Au vu des premiers bilans hématologiques, la victime a été transférée en France à l’hôpital Percy le 31 mars. La surexposition, estimée supérieure à 4 Gy par les spécialistes de l’IRSN, a entraîné une aplasie profonde.

Dans son rapport sur l’année 2009, l’IRSN constate une stabilité des données par rapport à 2008 mais souligne que les gestionnaires de centrales font désormais appel à des intervenants extérieurs et que le suivi médical, lié à une entreprise, ne prend pas en compte la globalité de l’exposition potentielle d’ouvriers précarisés qui cumulent des heures au sein de structures différentes, s’exposant ainsi à des doses probablement bien supérieures à celles observées

Sources :


Collectif français contre l'irradiation des aliments
www.irradiation-aliments.org - T/F : +33 (0)1 48 05 86 81
21 rue Alexandre Dumas - 75011 Paris - courriel
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