JPG - 72.3 ko

Accueil du site > Des avis biaisés > Union Européenne > Avis sanitaires : "L’Union Européenne en position d’équilibriste...", par le (...)

Avis sanitaires : "L’Union Européenne en position d’équilibriste...", par le Collectif français contre l’irradiation des aliments

Des avis biaisés


Publié le 24 juin 2008, dernière mise à jour le 20 novembre 2009 :
http://www.irradiation-aliments.org/Les-avis-de-securite-sanitaire,77.html


Extrait du livre "Aliments irradiés : atome, malbouffe et mondialisation" publié par le Collectif français contre l’irradiation des aliments, aux éditions Golias.

C’est aujourd’hui l’EFSA qui fournit les avis sur lesquels se fondent les autorités européennes (Conseil et/ou Parlement) pour prendre les règlements et directives concernant la sécurité sanitaire, sur la base des propositions de la Commission. L’EFSA, entité scientifique indépendante mise en place en 2002 (suite aux différents scandales alimentaires dans les années 90 : crise de la vache folle (ou ESB ), épidémie de fièvre aphteuse, contamination à la dioxine, …). Cinq ans après sa création, l’EFSA a émis 450 avis scientifiques, mais aucun sur l’irradiation des aliments. Les seuls avis scientifiques de l’Union européenne à ce propos sont antérieurs et émanent du CSAH , transféré à l’EFSA après sa création, et qui dépendait alors de la Direction Générale « Santé et protection des consommateurs », mais aussi curieusement de la DG « Entreprises et Industrie ». Certains avis du CSAH sont fort étranges. En 1998, le CSAH a par exemple rendu un avis scientifique sur la base de dossiers présentés par les autorités françaises concernant huit denrées alimentaires (cuisses de grenouilles, crevettes, gomme arabique, caséine, blanc d’œuf, flocons de céréales, farine de riz et produits sanguins). La directive cadre, alors en préparation, prévoyait que, jusqu’à sa mise en application, les Etats membres puissent maintenir leurs autorisations existantes sous réserve d’un avis favorable du CSAH sur les produits concernés. La Commission s’était engagée, « à la demande d’un Etat membre », à obtenir avant la date d’application de la directive cadre l’avis du CSAH sur les produits pour lesquels l’irradiation était autorisée dans l’Etat membre concerné. Les autorisations nationales aujourd’hui établies se fondent donc sur ces avis.

Après avoir abondamment critiqué le manque de sérieux des dossiers et malgré des violations caractérisées des règles qui doivent s’appliquer à l’irradiation des aliments, le CSAH a donné un avis favorable pour les huit produits sans exception !
Par exemple, les cuisses de grenouille sont agréées au motif d’une demande existante des consommateurs à satisfaire, ne pouvant être couverte par la production nationale, et du risque de contamination par des salmonelles ou autres organismes fécaux par exemple, compte tenu des mauvaises conditions de transformation culinaire . L’argumentation est similaire concernant les crevettes, l’avis précisant que les conditions de collecte, préparation, stockage et exportation dans les pays d’origine ne satisfont pas toujours aux normes microbiologiques déterminées pour les pays producteurs de l’Union européenne. Pourtant, la directive cadre, comme tous les textes officiels, rappelle que l’irradiation ne doit pas être « utilisée pour remplacer des mesures d’hygiène et de santé ou de bonnes pratiques de fabrication ou de culture ».
Au paragraphe consacré aux produits sanguins, l’on découvre que des tonnages considérables sont perdus à cause des mauvaises règles d’hygiène qui prévalent dans les petits abattoirs qui constituent la majorité des installations. Or, ce sang constitue une source de protéines très nourrissantes, dont il est dommage de priver l’industrie alimentaire. D’où l’autorisation d’irradiation délivrée par les autorités françaises : le traitement permet de décontaminer le sang récupéré dans les abattoirs et de limiter les pertes.
C’est ainsi que les consommateurs français (entre autres), tout en se pensant protégés par la réglementation, peuvent trouver dans leurs assiettes des produits issus de sites de production aux règles d’hygiène plus que douteuses, mais consciencieusement irradiés pour les rendre « propres à la consommation ».

Une autre évaluation est pour le moins surprenante.

Dans une étude datant de 2001 sur les 2-alkylcyclobutanones (molécules spécifiques apparaissant dans les aliments irradiés contenant des matières grasses), des chercheurs ont pu obtenir par voie chimique des cyclobutanones suffisamment purs et en quantité suffisante pour effectuer des recherches toxicologiques, et mettre en évidence des effets toxiques sur des cellules en culture, des bactéries et des rats. Cette substance est fortement soupçonnée d’avoir des effets nocifs sur la santé des êtres humains (génotoxicité, cytotoxicité et promotion du cancer du colon notamment). Les scientifiques soulignent le manque de données fiables pour évaluer le risque réel lié à la consommation d’aliments irradiés et appellent à des recherches complémentaires. L’année suivante, le CSAH émet un avis commentant l’étude franco-allemande. Il réaffirme l’innocuité des aliments irradiés contenant des acides gras « sur la base des résultats obtenus lors de nombreuses études relatives à une alimentation par des denrées irradiées ayant servi à l’évaluation de la salubrité des aliments irradiés et publiés par l’AIEA/FAO/WHO ». Il est fait référence en l’occurrence à un document datant de 1981 ! Donc bien avant que soit mentionnée – et ainsi reconnue – pour la première fois dans un rapport de l’OMS, en 1995, l’existence de produits de radiolyse uniques qui n’existeraient que dans les produits irradiés contenant des matières grasses . Dans son avis, le CSAH estime par ailleurs qu’il n’est pas approprié d’évaluer le risque pour la santé humaine de la consommation de 2-ACB présents dans les aliments gras irradiés, au motif que les effets notés par les scientifiques se réfèrent essentiellement à des études in vitro (malgré les résultats in vivo obtenus par les chercheurs, sur des rats) .

Toutefois, en 2003, le CSAH ne suivra pas les conclusions du groupe d’experts AIEA/FAO/OMS qui souhaite valider le traitement des denrées par irradiation à des doses supérieures à 10 kGy, estimant ne pas disposer de toutes les données nécessaires pour établir de nouvelles limites de dosage.

Pour commander le livre


Collectif français contre l'irradiation des aliments
www.irradiation-aliments.org - T/F : +33 (0)1 48 05 86 81
21 rue Alexandre Dumas - 75011 Paris - courriel
Suivre la vie du site RSS 2.0 | Plan du site | Espace privé | SPIP | squelette