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Irradiation des aliments et hygiénismeL’ionisation des aliments est tout à fait dans la continuité d’une politique hygiéniste en matière d’alimentation et de santé, poussée à son paroxysme, et qui voit dans le microbe l’ennemi absolu à éradiquer. Cette approche nous vient bien sûr de Pasteur, que l’on retrouve dans la pasteurisation, où l’on préconise une ébullition des liquides eau ou lait (Ultra Haute Température) pour éliminer tout germe bactérien.
La chasse absolue aux microbes n’est pas une solution idéale : on se rend compte aujourd’hui des limites des antibiotiques qui tendent à favoriser le développement de résistances, car chez les bactéries qui survivent (1 % environ), leur patrimoine génétique reconnaît la molécule qui les a agressés et mute. De même, la flore bactérienne qui recouvre notre peau constitue une barrière contre d’autres bactéries étrangères. D’une certaine manière, trop d’hygiène nuirait à notre santé. À l’heure actuelle, on constate que cette approche hygiéniste a malgré tout de beaux jours devant elle, car dernièrement, sous prétexte de lutter contre la listéria (problème qui provient surtout de la chaîne du froid dans les longs circuits de la grande distribution), Bruxelles impose une vitrine réfrigérée pour les produits sur les marchés, ce qui menace l’existence des petits producteurs qui n’en ont pas les moyens, et alors même que la vente se fait directement du producteur au consommateur et que le risque de listériose, s’il existe, reste faible. La consommation du roquefort national, fromage à moisissures emblématique de notre conflit avec les Etats-Unis, permet à la population française d’avoir une flore intestinale plus résistante que d’autres populations (encore que cela ne nous protège peu de la tourista). Bien sûr, il faut un minimum d’hygiène, il faut prendre garde à ne pas ingérer ce que l’on appelle des mycotoxines, des champignons qui se développent dans les aliments, mais il est absurde de vouloir éradiquer systématiquement tout microbe. Quelle est donc la finalité de l’irradiation des aliments, à part celle d’éliminer totalement le moindre microbe, le moindre champignon ? Celui d’avoir un aliment qui à la limite ne pourrira plus ? Comment peut-on savoir alors, sans ce signe de pourrissement, si l’aliment est encore consommable ? Si il conserve encore des qualités vitales, gustatives ? Un fruit ou un légume frais est vivant et consommable. Mais un fruit ou un légume ionisé l’est-il, en particulier si l’ionisation a créé une quantité de radicaux libres très réactifs ? Thierry Folliard
Mise en ligne : jeudi 6 décembre 2007 | |
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Collectif français contre l'irradiation des aliments
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