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Irradiation des aliments et hygiénisme


L’ionisation des aliments est tout à fait dans la continuité d’une politique hygiéniste en matière d’alimentation et de santé, poussée à son paroxysme, et qui voit dans le microbe l’ennemi absolu à éradiquer.

Cette approche nous vient bien sûr de Pasteur, que l’on retrouve dans la pasteurisation, où l’on préconise une ébullition des liquides eau ou lait (Ultra Haute Température) pour éliminer tout germe bactérien.
La pathologie d’une certaine souche infectieuse ne fait bien sûr scientifiquement aucun doute, mais une étude plus approfondie de notre alimentation montre que les choses ne sont pas aussi simples, et que les bactéries participent de notre équilibre vital, que certaines peuvent être pathogènes, mais dans certaines circonstances seulement :

- Nos intestins comportent 1014 bactéries saprophytes, soit 10 fois plus nombreuses que nos propres cellules. Elles vivent en symbiose avec notre organisme, constituant ce que l’on appelle la flore intestinale et permettant la digestion.
- Sans bactéries, les légumes lacto-fermentés (choucroutes), les fromages, les yaourts, n’existeraient pas. Un fromage n’est pas fabriqué avec un lait pasteurisé ! Ce sont également les bactéries qui participent du goût de certains fruits, comme les fraises par exemple.
- Une maladie, par exemple une infection intestinale, vient en premier lieu d’un déséquilibre entre des populations bactériennes de l’intestin dont certaines deviennent alors pathogènes. Nous sommes en contact permanent avec des germes, mais ceux-ci ne sont souvent pathogènes qu’en cas de baisse de nos défenses immunitaires (fatigue stress, pollutions,…) : Claude Bernard disait « le microbe n’est rien, c’est le terrain qui est tout ». La notion de terrain devrait être mieux considérée en médecine.

La chasse absolue aux microbes n’est pas une solution idéale : on se rend compte aujourd’hui des limites des antibiotiques qui tendent à favoriser le développement de résistances, car chez les bactéries qui survivent (1 % environ), leur patrimoine génétique reconnaît la molécule qui les a agressés et mute.

De même, la flore bactérienne qui recouvre notre peau constitue une barrière contre d’autres bactéries étrangères. D’une certaine manière, trop d’hygiène nuirait à notre santé.

À l’heure actuelle, on constate que cette approche hygiéniste a malgré tout de beaux jours devant elle, car dernièrement, sous prétexte de lutter contre la listéria (problème qui provient surtout de la chaîne du froid dans les longs circuits de la grande distribution), Bruxelles impose une vitrine réfrigérée pour les produits sur les marchés, ce qui menace l’existence des petits producteurs qui n’en ont pas les moyens, et alors même que la vente se fait directement du producteur au consommateur et que le risque de listériose, s’il existe, reste faible.

La consommation du roquefort national, fromage à moisissures emblématique de notre conflit avec les Etats-Unis, permet à la population française d’avoir une flore intestinale plus résistante que d’autres populations (encore que cela ne nous protège peu de la tourista).

Bien sûr, il faut un minimum d’hygiène, il faut prendre garde à ne pas ingérer ce que l’on appelle des mycotoxines, des champignons qui se développent dans les aliments, mais il est absurde de vouloir éradiquer systématiquement tout microbe.

Quelle est donc la finalité de l’irradiation des aliments, à part celle d’éliminer totalement le moindre microbe, le moindre champignon ? Celui d’avoir un aliment qui à la limite ne pourrira plus ? Comment peut-on savoir alors, sans ce signe de pourrissement, si l’aliment est encore consommable ? Si il conserve encore des qualités vitales, gustatives ? Un fruit ou un légume frais est vivant et consommable. Mais un fruit ou un légume ionisé l’est-il, en particulier si l’ionisation a créé une quantité de radicaux libres très réactifs ?

Thierry Folliard
Ingénieur énergie environnement
Les Alternatifs

Mise en ligne : jeudi 6 décembre 2007


Collectif français contre l'irradiation des aliments
www.irradiation-aliments.org - T/F : +33 (0)1 48 05 86 81
21 rue Alexandre Dumas - 75011 Paris - courriel
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