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2005-02-22 : Réponse à la lettre du directeur d’Isotron France22.02.2005 – Irradiation des aliments : réponse à la lettre du directeur d’ISOTRON-FranceRéponse à la lettre du directeur d’ISOTRON-France : Le Collectif contre l’irradiation des aliments maintient l’appel à manifester devant les 7 usines d’irradiation des aliments le samedi 5 mars Le 18 février, Ecoforum, organisation signataire de l’appel pour l’interdiction de l’irradiation des aliments, a reçu un courrier du directeur exécutif de ISOTRON, une firme internationale implantée à Marseille et qui irradie des aliments. Dans son courrier, M. Neyssen se dit très surpris que nous organisions une manifestation le 5 mars devant l’usine ISOTRON de Marseille pour protester contre l’irradiation des aliments. Vous trouverez ci-joint la réponse que les organisations du collectif contre l’irradiation des aliments envoient à M. Neyssen. Cordialement, Collectif français contre l’irradiation des aliments Organisations signataires de l’appel national contre l’irradiation des aliments : Action Consommation Agir Pour l’Environnement Les Amis de la Terre Association Léo Lagrange pour la Défense des Consommateurs ATTAC Biocoop Bure-Stop Confédération Paysanne CRiiRAD Le CRIN Ecoforum Fédération Nature et Progrès Mouvement pour les Droits et le Respect des Générations Futures (MDRGF) Public Citizen Réseau Sortir du Nucléaire Pour toute information complémentaire, contacter : Action Consommation Tel. : 01 34 13 38 13 Email : presseinfo@actionconsommation.org www.actionconsommation.org à M. Peter NEYSSEN Directeur Exécutif Isotron France S.A.S. MIN 712 Arnavaux 13323 Marseille Cedex 14 Le 22 février 2005 Monsieur Neyssen, Nous avons bien reçu votre message dans lequel vous dites ne pas comprendre les raisons de notre mobilisation du 5 mars prochain, et plus largement, de notre opposition à l’irradiation des aliments. L’irradiation des aliments présente un intérêt dont le moins qu’on puisse dire est qu’il est très limité pour les citoyens et consommateurs. En effet, cette technologie, dont les utilisations principales sont l’allongement de la durée de conservation des aliments et/ou la décontamination a posteriori des aliments, est la porte ouverte à la globalisation de l’approvisionnement alimentaire et à la dégradation des conditions de production en amont de la filière. Nous, citoyens, travailleurs, consommateurs, organisations de défense de l’environnement et luttant pour une économie plus juste et plus solidaire, considérons que ces utilisations vont à l’encontre des objectifs de dynamisme des économies locales et de préservation de l’environnement. Mme Hiltrud Breyer, rapporteuse au Parlement Européen sur la proposition de liste de denrées et ingrédients alimentaires pouvant être soumis à un traitement par ionisation dans la Communauté mentionne d’ailleurs dans son exposé des motifs qu’« en encourageant le système d’approvisionnement alimentaire actuel, l’ionisation des denrées compromet l’objectif d’un développement durable. » Vous semblez justifier l’utilisation de l’irradiation des aliments par le fait que seules de faibles quantités d’aliments sont soumises à ce procédé dans notre pays. Il nous apparaît que c’est justement parce que les consommateurs ne souhaitent pas, à juste titre, que leurs aliments soient irradiés que le marché est resté si étroit jusqu’à présent. La volonté d’imposer des produits irradiés aux consommateurs contre leur gré est tangible dans le lobby exercé par plusieurs firmes d’irradiation, qui font pression auprès des gouvernements et des institutions internationales pour supprimer l’obligation d’étiquetage ou remplacer la mention actuelle « traité par ionisation » par l’expression trompeuse de « pasteurisation à froid. » Nous saluons donc le fait que les cuisses de grenouilles traitées dans votre usine soient étiquetées en conformité avec la législation actuelle. Mais est-ce à dire que les herbes aromatiques et épices irradiées dans votre établissement ne sont pas étiquetées ? Vous nous dites ensuite que l’irradiation « est pratiquée dans l’intérêt de la santé » et citez à ce propos les conclusions de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Or, les recherches menées par l’OMS quant aux impacts pour la santé humaine de la consommation d’aliments irradiés nous semblent pour le moins sujettes à caution. Vous n’êtes pas sans savoir qu’ayant relevé en 1961 neuf questions-clés à résoudre avant de pouvoir déclarer les aliments irradiés comme sains, l’OMS a ensuite, sous la pression de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA), totalement ignoré l’agenda de recherche initialement adopté. Les décisions adoptées par l’OMS dès lors qu’elles touchent au domaine nucléaire sont douteuses : depuis 1959, la responsabilité première pour la recherche sur les applications pratiques de l’énergie atomique à des fins pacifiques a été confiée à l’AIEA. En conséquence, l’OMS ne reconnaît comme victimes de la catastrophe de Tchernobyl que les 32 morts consécutifs à l’explosion et se refuse à considérer les cancers de la thyroïde survenus parmi les populations exposées. Cette attitude nous amène à douter de la crédibilité de l’OMS lorsqu’elle affirme que tous les aliments peuvent être irradiés à n’importe quelles doses sans risques pour la santé. Des analyses menées de façon plus indépendante ou financées par des institutions moins directement intéressées par le développement de l’irradiation des aliments sont beaucoup moins rassurantes quant à l’innocuité de ce procédé. Tout d’abord, il est reconnu (même par l’OMS) que l’irradiation entraîne des pertes de vitamines dans les aliments (vitamines A, B1, C, E et K), pertes qui s’accroissent lors du stockage puis de la cuisson dans des proportions supérieures à ce que l’on observe pour les aliments non irradiés. Certes, des agents pathogènes sont éliminés grâce à l’irradiation. Cependant, de nombreuses bactéries utiles, par exemple celles qui signalent au consommateur par l’odeur qu’elles dégagent ou l’apparence qu’elles donnent aux aliments que ceux-ci ne sont plus propres à la consommation, sont détruites. L’irradiation peut ainsi induire le consommateur en erreur. Les scientifiques montrent aussi que les denrées alimentaires irradiées sont susceptibles d’une recontamination rapide et dangereuse, car l’équilibre bactériologique interne aux aliments est fragilisé. Enfin, certains éléments dangereux, tels les virus et les prions (ESB) ne sont pas détruits par l’irradiation. L’armée américaine, après avoir mené des analyses sur des souris nourries de farine de blé irradiée, a décidé que les résultats étaient trop préoccupants pour que de la nourriture irradiée soit distribuée aux soldats : ces souris souffraient, par rapport à un groupe témoin, d’une réduction de leur durée de vie, d’un taux de mortalité accru parmi leur descendance et d’une augmentation de l’incidence du cancer. Dernièrement, un groupe de scientifiques allemands et français participant à une étude financée par l’Union Européenne a montré que les radicaux libres qui apparaissent dans les matières grasses irradiées présentent des effets cytotoxiques et génotoxiques dans les cellules humaines et promeuvent le cancer du côlon chez les rats. (Burnouf D, Delincée H, Hartwig A, Marchioni E, Miesch M, Raul F, Werner D, « Etude toxicologique transfrontalière destinée à évaluer le risque encouru lors de la consommation d’aliments gras ionisés » Rapport final, 2001) Ces mêmes scientifiques affirment, dans une lettre au Comité Scientifique de l’Alimentation européen (« Comment on a statement of the SCF on a report on 2-alkylcyclobutanone », 2002) que « aucune conclusion finale ne peut être tirée quant à l’impact sur la santé humaine de la toxicité liée aux alkylcyclobutanones dans les aliments irradiés. » Ils recommandent en conséquence que des études complémentaires soient menées pour définir le niveau de risque. Nous considérons que cette étude justifie l’application du principe de précaution et militons pour que des fonds supplémentaires dédiés à une recherche plus approfondie sur l’effet des alkylcyclobutanones soient débloqués par l’Union Européenne. Le rapport du Parlement européen affirme d’ailleurs que « on manque de données sur les effets à long terme pour la santé de la pratique d’un régime composé essentiellement de produits ionisés et que le principe de précaution devrait s’exercer jusqu’à ce que l’on dispose de telles données. » Vous affirmez à juste titre que l’irradiation peut remplacer l’utilisation du bromure de méthyle ou d’autres méthodes de fumigation chimique pour la désinfection des aliments. Nous sommes bien sûr tout à fait favorables à l’interdiction du bromure de méthyle, mais considérons qu’il n’est pas souhaitable de remplacer une pratique dangereuse par une autre qui est à la fois dangereuse et insuffisamment comprise. Des ressources plus importantes devraient être dirigées vers la recherche et la validation de méthodes autres que l’irradiation des aliments. Vous affirmez enfin que, utilisant du Cobalt 60 radioactif, « Votre travail protège notre monde ». Monsieur, un slogan ne démontre rien. Les exemples sont malheureusement nombreux d’employés ayant trouvé la mort dans des centrales d’irradiation des aliments utilisant les rayonnements gamma (au Brésil, en Chine, en Turquie, aux Etats-Unis,... voir « Inadequate Control of World’s Radioactive Sources » IAEA, June 24, 2002 ; « Proposal for a council directive on the control of high activities sealed radioactive sources », Commission Européenne, 2002, http://europa.eu.int/eur-lexen/com/pdf/2002/en_502PC0130.pdf) et d’accidents ayant entraîné une contamination de l’environnement (par exemple, une entreprise d’irradiation des aliments a été accusée et condamnée aux Etats-Unis pour avoir rejeté de l’eau contaminée dans le tout à l’égout « Executive convicted in irradiation spill » North Jersey Advocate, Oct. 30, 1986). Pour toutes ces raisons, nous accueillons avec plaisir l’information selon laquelle « les volumes de produits alimentaires traités chez vous sont en nette diminution chaque année. » Pourquoi alors ne pas totalement abandonner cette activité qui nuit à votre image auprès des consommateurs et qui, par ailleurs, « est une application très marginale pour Isotron » ? En attendant que vous ayez pris cette décision, nous maintenons l’appel à manifester devant votre usine de Marseille le samedi 5 mars, ainsi que devant les autres centrales d’irradiation des aliments installées sur le territoire français. Veuillez recevoir, Monsieur, nos salutations distinguées. Collectif français contre l’irradiation des aliments Liste des organisations signataires : Action Consommation Agir Pour l’Environnement Les Amis de la Terre – France Association Léo Lagrange pour la Défense des Consommateurs ATTAC - France Biocoop Bure-Stop Confédération Paysanne CRiiRAD Le CRIN Ecoforum Fédération Nature et Progrès Mouvement pour les Droits et le Respect des Générations Futures (MDRGF) Public Citizen Réseau Sortir du Nucléaire Contact presse : 01 48 05 86 81 - 06 86 89 78 89 - presseinfo@actionconsommation.org Mise en ligne : mardi 22 février 2005 | |
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Collectif français contre l'irradiation des aliments
www.irradiation-aliments.org - T/F : +33 (0)1 48 05 86 81 21 rue Alexandre Dumas - 75011 Paris - courriel | |